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Allocution de l’Ambassadeur DENG Li lors du Sommet France-Chine de EY France
2026-06-15 23:12

Le 10 juin, à l’occasion du Sommet France-Chine de EY France, l’Ambassadeur DENG Li a prononcé une allocution :

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Je suis très heureux d’être parmi vous aujourd’hui. Le thème de cette rencontre, « Sommet France-Chine: Coopération, investissement et innovation, conditions d’une croissance durable », revêt une grande importance dans le contexte actuel.

Le récent « Baromètre de l'Attractivité de la France 2026 » publié par EY révèle une prudence accrue des entreprises dans leurs décisions d’investissement. La France, comme l’Europe, est confrontée à une réticence des investissements étrangers. Dans ce sens, il est essentiel d’assurer une compétitivité durable.

La Chine s’interroge également sur cette même question : comment attirer davantage d’investissements étrangers de qualité ? À mon avis, il faut renforcer sa propre compétitivité économique pour donner aux  investisseurs cette envie de venir, de rester et de se développer en Chine.

La compétitivité de la Chine vient de l’innovation, des chaînes industrielles, des coûts de production et des ressources. Elle repose sur 3 piliers :

Premièrement, une planification qui constitue la source d’efficacité.

De la stratégie de développement à long terme aux Plans quinquennaux à moyen terme, jusqu’aux objectifs de croissance annuels, les politiques de développement de la Chine s’inscrivent dans une logique de continuité, qui permet une action coordonnée et efficace. Au cours des 5 dernières années, l’économie chinoise a généré plus de 35 000 milliards de yuans supplémentaire, soit l’équivalent du PIB annuel de l’Allemagne. En 2025, le PIB chinois a atteint 140 000 milliards de yuans, enregistrant une croissance de 5 %.

Deuxièmement, un tissu industriel qui forme le socle du développement.

La Chine possède la plus grande industrie manufacturière et le système industriel le plus complet du monde depuis 16 années consécutives. Dans le delta du Yangtsé, vous trouvez l’ensemble des composants d’un véhicule électrique dans un rayon de 4 heures de voiture. Pour les modules photovoltaïques, le délai moyen de livraison est d’environ 7 jours en Chine, contre 45 en Europe. Le prix de l’électricité industrielle en Europe est 2,5 fois plus élevé qu’en Chine, et celui du gaz industriel 1,5 fois plus cher.

Troisièmement, l’innovation qui devient un moteur essentiel de la croissance.

En 2025, les dépenses de R&D ont représenté 2,8 % du PIB chinois, un niveau supérieur à la moyenne de l’OCDE. La Chine compte le plus grand nombre de chercheurs au monde et forme chaque année près de 5 millions de diplômés STEM. Selon l’Organisation mondiale de la Propriété intellectuelle, l’année dernière, la Chine s’est classée au 9e rang mondial pour l’innovation, elle est ainsi entrée pour la première fois dans le Top 10 mondial. La Chine détient environ 60% des brevets mondiaux en IA et 40% en 6G. Des entreprises comme BYD et CATL illustrent cette dynamique, avec des innovations comme la recharge ultra-rapide (jusqu’à 2 kilomètres d’autonomie par seconde de charge) et les batteries qui assurent une autonomie de 1500 kilomètres.

L’année 2026 marque le lancement du 15e Plan quinquennal, qui définit les orientations de développement de la Chine pour les 5 prochaines années. En plus, le Plan envoie un message clair au monde: la Chine reste engagée en faveur de l’ouverture, de la coopération et des bénéfices mutuels.

Le Plan met l’accent sur un développement plus équilibré du commerce international.

Avec 1,4 milliard d’habitants dont 500 millions à revenu moyen, la Chine est un marché exceptionnel. En 2025, les ventes au détail ont dépassé 50 000 milliards de yuans et les importations ont atteint 18 000 milliards de yuans, consolidant la position de la Chine comme 2e marché mondial. La Chine poursuivra l’ajustement de sa politique tarifaire en appliquant des taux préférentiels pour les technologies avancées, les équipements stratégiques, les ressources énergétiques ainsi que les produits de consommation de qualité. Elle continuera également d’améliorer la facilitation des échanges. Nous avons lancé l’événement « Export to China » et continuerons à organiser de grands événements comme l’Exposition internationale des importations de Chine (CIIE) et la Foire internationale du commerce des services (CIFTIS), pour faciliter l’accès des produits et des services étrangers au marché chinois.

Le 15e Plan quinquennal réaffirme l’engagement de la Chine en faveur d’une ouverture de haut niveau.

Nous poursuivrons l’amélioration de l’environnement des investissements étrangers, renforcerons les mécanismes de services aux entreprises et appliquerons le principe du traitement national afin de créer un cadre réglementaire transparent, stable et prévisible. La fabrication avancée, les services modernes, les hautes technologies et la transition écologique sont identifiés comme secteurs prioritaires pour les investisseurs étrangers. On aura des programmes pilotes d’ouverture dans les services, notamment les télécommunications, les biotechnologies et les hôpitaux à capitaux étrangers. En 2025, le volume des échanges de services de la Chine a dépassé 8 000 milliards de yuans. La France, avec son expertise reconnue en finance, santé, éducation et tourisme, dispose d’un potentiel considérable sur le marché chinois.

Mesdames et Messieurs,

Dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes, la Chine et l’Europe doivent être à la hauteur de leurs responsabilités internationales pour défendre la mondialisation économique et approfondir leur coopération dans un esprit de bénéfice mutuel. Le protectionnisme n’est ni productif ni constructif, il est « une arme à double tranchant ».

Les mesures protectionnistes nuisent non seulement à la Chine, mais aussi à l’Europe et à l’économie mondiale.

Selon plusieurs sondages, la note d’évaluation de l’environnement des affaires pour les entreprises chinoises en Europe s’est dégradée pendant 6 années consécutives. En cas d’un conflit commercial, la volonté d’investir en Europe pourrait diminuer. Une telle évolution irait à l’encontre des objectifs de l’Europe en terme de réindustrialisation et d’attraction des investissements de qualité.

Une part importante des exportations chinoises vers l’Europe est réalisée par les entreprises européennes implantées en Chine. Les mesures protectionnistes risquent donc de pénaliser les activités des entreprises européennes présentes sur le marché chinois.

Les produits chinois ont largement contribué à contenir l’inflation et à stabiliser les chaînes d’approvisionnement dans le monde entier. Les mesures protectionnistes entraînent une hausse des coûts pour les producteurs et les consommateurs européens et exerceront un impact négatif tant sur l’économie européenne que sur ses chaînes d’approvisionnement.

Beaucoup d’entre vous sont intéressés par les relations économiques et commerciales sino-américaines. Comme vous le savez, après plusieurs rounds de dialogues, les deux pays ont réussi à traiter de manière appropriée les grands sujets de leurs relations économiques et en ont réussi à maintenir une stabilité globale. Ces échanges ont permis d’aboutir à des résultats globalement équilibrés et positifs.

Les faits démontrent que la coopération profite à la Chine et aux États-Unis, et que la confrontation leur porte préjudice. L’établissement d’une relation de stabilité stratégique constructive entre la Chine et les États-Unis est bénéfique non seulement pour les deux pays, mais également pour le monde entier.

Aujourd’hui, la Chine et l’Union européenne connaissent des  divergences économiques et commerciales. Ces différends pourront être gérés par un dialogue et une concertation sereins, pour assurer des  relations économiques stables, saines et durables. Je suis convaincu que c’est la seule solution rationnelle et réaliste.

Je vous remercie.


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